La composition corporelle décrit la répartition du poids entre compartiments. Le modèle bicompartimental distingue masse grasse et masse non grasse ; cette dernière, dite masse maigre, regroupe l'eau, les minéraux osseux, les viscères et le muscle. La masse musculaire squelettique appendiculaire, plus spécifique, en est un sous-ensemble et constitue le paramètre pertinent dans l'évaluation de la sarcopénie.
Les méthodes disponibles ont des performances inégales. L'absorptiométrie biphotonique fait office de référence pratique en clinique. L'impédancemétrie estime les compartiments à partir de la résistance et de la réactance des tissus, via des équations dépendantes de la population de référence ; elle est très sensible à l'état d'hydratation, au repas, à l'exercice récent, à la température cutanée et, chez la femme, à la phase du cycle. Les plis cutanés, la pléthysmographie par déplacement d'air et l'échographie musculaire complètent la palette. L'imagerie en coupe reste la référence méthodologique.
Points de vigilance. L'exactitude d'un appareil grand public pour une mesure isolée est faible ; sa fidélité, c'est-à-dire sa capacité à reproduire une mesure, est meilleure. En pratique, on ne raisonne donc jamais sur une valeur absolue mais sur une tendance, avec le même appareil, aux mêmes conditions standardisées — matin, à jeun, vessie vidée, sans exercice la veille. Les indicateurs dérivés tels que l'« âge métabolique » n'ont aucune validité scientifique et ne doivent pas être communiqués. L'indice de masse corporelle, indicateur de population, ne renseigne ni sur la répartition ni sur la qualité des tissus. Sur le plan relationnel, la restitution de mesures corporelles chez une personne présentant une relation dégradée à l'alimentation ou un trouble du comportement alimentaire peut être délétère : la pertinence de la mesure doit être questionnée avant sa réalisation, et le suivi de la seule masse grasse est rarement le meilleur indicateur de progrès.


