La ménopause est définie rétrospectivement par douze mois consécutifs d'aménorrhée en l'absence d'autre cause, autour de 50 à 51 ans en moyenne. La périménopause désigne la phase de transition qui la précède, marquée par une variabilité croissante de la durée des cycles et par des fluctuations œstrogéniques ; la classification STRAW+10 en décrit les stades à partir de critères de cycle et de FSH.
Sur le plan nutritionnel, plusieurs évolutions justifient une attention particulière. La masse maigre diminue et la masse grasse se redistribue vers le compartiment abdominal, avec un retentissement sur la sensibilité à l'insuline et sur le profil lipidique. La perte osseuse s'accélère dans les premières années suivant la ménopause, ce qui place les apports protéiques, calciques et le statut en vitamine D, associés à l'exercice contre résistance et en impact, au centre de l'accompagnement. La référence protéique de l'adulte reste de 0,83 g/kg/j ; les sociétés savantes de nutrition clinique (PROT-AGE, ESPEN) portent ce repère à 1,0-1,2 g/kg/j à partir de 65 ans. Une répartition régulière des protéines sur les repas est un point d'attention de l'accompagnement.
Points de vigilance. Les troubles vasomoteurs, les troubles du sommeil et de l'humeur, la sécheresse vaginale et la question du traitement hormonal relèvent du médecin ; aucune allégation ne peut être formulée à propos des bouffées de chaleur, dont l'effet placebo dans les essais est particulièrement élevé. Concernant les phyto-œstrogènes, le repère a été fortement abaissé : la limite de 1 mg d'isoflavones aglycones par kilogramme de poids corporel et par jour, issue du rapport Afssa-Afssaps de 2005, est remplacée depuis l'avis de l'Anses du 24 mars 2025 (saisine 2022-SA-0221) par une valeur toxicologique de référence chronique de 0,02 mg par kilogramme de poids corporel et par jour pour la population générale, abaissée à 0,01 mg/kg/j chez les enfants prépubères, les femmes en âge de procréer et les femmes enceintes — soit de l'ordre de 1,4 mg par jour pour une personne de 70 kg. La consommation de compléments riches en isoflavones reste déconseillée en cas d'antécédent personnel ou familial de cancer hormonodépendant. Les compléments à base de plantes dites hormon-like, notamment l'actée à grappes noires, ne sont pas anodins et imposent une vérification des interactions médicamenteuses. Le discours doit rester factuel, sans promesse de disparition des symptômes.

