Diminution progressive et généralisée de la force et de la masse musculaires squelettiques, reconnue comme maladie à part entière et codée dans la CIM-10 depuis 2016. Depuis la révision européenne EWGSOP2 publiée en 2019, c'est la force, et non plus la masse, qui constitue le critère premier, en raison de sa meilleure valeur pronostique.
La démarche se déroule en quatre temps. Le repérage utilise le questionnaire SARC-F. La force est évaluée par la préhension manuelle, avec des seuils de 27 kg chez l'homme et 16 kg chez la femme, ou par le test des cinq levers de chaise au-delà de 15 secondes. La confirmation repose sur la quantité de masse musculaire appendiculaire, avec des seuils de 20 kg chez l'homme et 15 kg chez la femme, ou de 7,0 et 5,5 kg/m² après ajustement sur la taille au carré. La sévérité est enfin appréciée par la performance physique, notamment une vitesse de marche inférieure ou égale à 0,8 m/s. Les leviers documentés associent un apport protéique de 1,0 à 1,2 g/kg/j chez la personne âgée en bonne santé, davantage en situation de maladie, une répartition suffisante par prise, un apport en leucine, un statut adéquat en vitamine D et surtout un entraînement contre résistance, sans lequel l'apport protéique seul a peu d'effet.
Points de vigilance. L'indice de masse corporelle masque l'obésité sarcopénique : un poids stable peut recouvrir une perte de muscle et un gain de masse grasse. Les seuils cités sont issus de populations européennes et ne s'appliquent pas indistinctement. La perte musculaire peut révéler une pathologie sous-jacente — cancer, insuffisance d'organe, dysthyroïdie, dénutrition — dont le diagnostic relève du médecin. Aucune allégation thérapeutique ne peut être associée à un complément protéique ou à un acide aminé, et la prise en charge est nécessairement pluridisciplinaire.
