Famille de formes de la vitamine K désignées MK-4 à MK-13, distinctes de la phylloquinone ou vitamine K1 des végétaux à feuilles vertes. Les ménaquinones sont principalement d'origine bactérienne : le natto est riche en MK-7, les fromages affinés apportent MK-8 et MK-9, tandis que la MK-4 provient de tissus animaux et d'une conversion endogène à partir de la K1.
Le rôle biochimique est commun à toutes les formes : cofacteur de la gamma-glutamyl carboxylase, la vitamine K permet la carboxylation des résidus glutamate en résidus Gla, qui confèrent aux protéines Gla leur capacité de liaison au calcium. Trois familles sont concernées : les facteurs de la coagulation hépatiques, l'ostéocalcine osseuse et la matrix Gla protein des tissus mous et de la paroi vasculaire. Les ménaquinones à longue chaîne, en particulier la MK-7, ont une demi-vie plasmatique de plusieurs jours, très supérieure à celle de la K1, de l'ordre de quelques heures, et une distribution extra-hépatique plus large. L'ANSES retient un apport satisfaisant de 79 µg/j de vitamine K1 chez l'adulte et ne fixe pas de référence distincte pour la K2.
Points de vigilance. L'interaction avec les antivitamines K, warfarine ou fluindione, est majeure : la conduite validée consiste à stabiliser les apports alimentaires, non à les supprimer, et toute supplémentation est contre-indiquée sans avis du prescripteur, un apport de quelques dizaines de microgrammes de MK-7 suffisant à déséquilibrer un INR. Les marqueurs de statut, ostéocalcine sous-carboxylée et dp-ucMGP, relèvent de la recherche et non de la pratique courante. Les données sur la densité osseuse et sur la calcification vasculaire restent préliminaires et hétérogènes ; seules les allégations autorisées relatives à une coagulation sanguine normale et au maintien d'une ossature normale peuvent être employées, sans extrapolation.



